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Harcèlement scolaire : que faire lorsque des parents séparés ne sont pas d’accord ?

Un élève baisse la tête et serre un livre contre lui dans une salle de classe.

Changement d’établissement, suivi psychologique, mesures de protection : que faire lorsque des parents séparés ne s’accordent pas sur les décisions à prendre face au harcèlement scolaire de leur enfant ? Le point sur leurs droits et les solutions possibles.

Votre enfant est victime de harcèlement scolaire. Vous souhaitez le changer d’établissement, mais votre ex-conjoint s’y oppose. Ou vous estimez qu’un accompagnement psychologique est nécessaire, tandis que l’autre parent refuse.

Comment protéger votre enfant lorsque vous ne parvenez pas à vous entendre sur les mesures à prendre ?

La séparation ne supprime pas les responsabilités parentales. Mais l’exercice conjoint de l’autorité parentale peut devenir une difficulté lorsque les parents sont en désaccord. Le droit prévoit plusieurs solutions pour éviter que ces conflits ne compromettent la protection de l’enfant.

Parents séparés : qui peut décider face au harcèlement scolaire ?

L’autorité parentale reste, en principe, exercée conjointement

L’article 373-2 du Code civil est clair : la séparation des parents est sans incidence sur les règles relatives à l’exercice de l’autorité parentale.

Sauf décision judiciaire contraire, les deux parents continuent donc à prendre ensemble les décisions importantes concernant leur enfant, même si celui-ci réside habituellement chez l’un d’eux.

En cas de harcèlement scolaire, cette règle concerne notamment les décisions relatives à sa scolarité et à sa santé.

Un parent peut-il agir sans l’accord de l’autre ?

Oui, pour certaines démarches.

L’article 372-2 du Code civil prévoit une présomption d’accord de l’autre parent, à l’égard des tiers de bonne foi, pour les actes usuels de l’autorité parentale.

Ainsi, un parent peut alerter l’établissement scolaire, demander un rendez-vous avec l’équipe éducative ou solliciter des mesures de protection sans attendre l’accord de l’autre.

Il peut également signaler les faits aux autorités compétentes ou déposer plainte. Cette démarche doit être distinguée des actes de représentation de l’enfant dans une procédure pénale.

Il est toutefois important de tenir l’autre parent informé de la situation et des démarches entreprises.

En revanche, les décisions importantes nécessitent, en principe, un accord commun. C’est notamment le cas d’un changement d’établissement scolaire ou de certaines décisions relatives à un suivi médical ou psychologique, selon leur nature et les circonstances.

Mais comment faire lorsque l’un des parents s’oppose à une mesure que l’autre considère indispensable ?

Comment sortir du désaccord entre les parents ?

La négociation : dépasser les positions pour rechercher une solution

Deux parents peuvent vouloir protéger leur enfant tout en ayant des appréciations différentes de la situation.

L’un considère qu’un changement d’établissement est indispensable. L’autre craint qu’il ne bouleverse davantage l’enfant et préfère attendre les effets des mesures prises par l’école.

Le désaccord ne porte donc pas nécessairement sur l’objectif, mais sur les moyens d’y parvenir.

C’est là que l’accompagnement d’un avocat en droit de la famille peut être particulièrement utile.

Au cabinet Soa, nous privilégions la négociation raisonnée : plutôt que de nous arrêter aux positions opposées, nous cherchons à comprendre les préoccupations de chacun pour construire une solution adaptée à la situation de l’enfant.

Dans notre exemple, cela peut consister à examiner les mesures de protection déjà mises en place, leur efficacité, les besoins de l’enfant et les conditions dans lesquelles un changement d’établissement pourrait être envisagé.

Les avocats peuvent accompagner les échanges entre les parents et formaliser les accords trouvés, afin de préciser les décisions prises et leur mise en œuvre.

Cette démarche permet parfois de résoudre le différend sans procédure judiciaire, tout en préservant la possibilité pour les parents de prendre ensemble les décisions futures.

La médiation familiale : lorsque le dialogue est devenu difficile

Lorsque les tensions liées à la séparation empêchent les parents de communiquer, la médiation familiale peut également être envisagée.

Avec l’aide d’un médiateur, les parents peuvent tenter de rétablir un dialogue et de rechercher eux-mêmes un accord.

Le médiateur ne tranche pas le différend. La médiation n’est pas non plus adaptée à toutes les situations, notamment en présence de violences.

Dans tous les cas, la recherche d’une solution amiable ne doit pas retarder les mesures urgentes nécessaires à la protection de l’enfant.

Quand le juge aux affaires familiales peut-il intervenir ?

Le JAF peut trancher un désaccord précis

Lorsque les parents ne parviennent pas à s’entendre, le juge aux affaires familiales (JAF) peut être saisi pour résoudre un désaccord relatif à l’exercice de l’autorité parentale, conformément notamment à l’article 373-2-8 du Code civil.

Il peut donc intervenir sur une question précise, comme un changement d’établissement scolaire, sans qu’il soit nécessaire de remettre en cause l’ensemble de l’organisation familiale.

Le juge apprécie la situation au regard de l’intérêt de l’enfant. Selon les circonstances, il peut notamment :

Cette dernière mesure ne résulte pas automatiquement d’un désaccord, même important.

Le rôle de l’avocat est alors d’analyser la situation, de réunir les éléments utiles et de présenter au juge des demandes précises et adaptées aux besoins de l’enfant.

La coordination parentale : préserver l’enfant du conflit parental

Lorsque les parents sont engagés dans un conflit intense et persistant, le juge aux affaires familiales peut recourir à la coordination parentale.

Ce dispositif se distingue de la médiation familiale par son approche centrée sur l’enfant : l’objectif est avant tout de le préserver des conséquences du conflit entre ses parents.

La coordination parentale est assurée par un professionnel spécifiquement formé, qui accompagne les parents dans la durée. Il les aide à prendre conscience des conséquences de leurs comportements sur leur enfant, à limiter les situations dans lesquelles celui-ci se retrouve pris dans leur conflit et à organiser l’exercice de leurs responsabilités parentales malgré leurs désaccords.

En cas de harcèlement scolaire, cet accompagnement peut être particulièrement utile pour éviter que les tensions parentales ne viennent ajouter à la souffrance de l’enfant et ne compliquent les décisions nécessaires à sa protection.

Le coordinateur parental ne se substitue pas au juge, qui conserve son pouvoir de décision.

Protéger l’enfant sans aggraver sa souffrance

Un enfant victime de harcèlement scolaire traverse déjà une situation difficile. Le désaccord entre ses parents ne doit pas devenir une épreuve supplémentaire.

Il est essentiel d’écouter sa parole et de prendre en compte ses besoins, sans lui demander de choisir entre les solutions défendues par chacun de ses parents.

Même séparés, les parents doivent pouvoir échanger les informations importantes, suivre les mesures de protection mises en place et prendre les décisions nécessaires à l’évolution de la situation.

Cela ne suppose pas qu’ils soient d’accord sur tout, mais qu’ils puissent exercer leurs responsabilités dans l’intérêt de leur enfant.

Comment le cabinet Soa peut-il vous accompagner ?

Au cabinet Soa, nous vous conseillons sur vos droits et les démarches possibles, nous vous accompagnons dans la recherche d’une solution négociée et nous formalisons les accords trouvés.

Lorsque le désaccord persiste, nous vous assistons pour saisir le juge aux affaires familiales et défendre vos intérêts.

À chaque étape, nous vous accompagnons pour trouver une réponse juridique adaptée à votre situation familiale, en tenant compte des besoins de votre enfant et des conséquences des décisions prises pour l’avenir.

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